Koyangi Bacalhau

Koyangi Bacalhau

Une action minimaliste par semaine

Publié par Koyangi sur 13 Février 2014, 02:00am

Catégories : #Minimalisme

Attention, le ton de cet article est volontairement provocateur et prête à polémique mais je suis ouverte à la discussion... ou pas ;o) 

Bea Johnson est la personne qui m'a le plus pris la tête en ce début d'année 2014. Pas d'une manière négative, non, puisque j'admire ce qu'elle a réussi à mettre en place (je suis encore très loin de récolter l'eau de la douche dans un seau pour l'utiliser ensuite dans les toilettes) mais parce que je me suis interrogée sur ma réticence à agir comme elle, le "bicarbonate de soude pour se laver les dents" étant le symbole de mon blocage, l'ayant testé un jour et ayant trouvé le goût parfaitement immonde !

Mon credo : "le minimalisme élitiste" ;o) De beaux objets manufacturés par les meilleurs artisans européens et emballés dans une pochette en tissu dans une boîte en carton et en cuir si belle qu'on n'a pas envie de s'en débarrasser !

J'étais prête à commander son livre Zero Waste Home quand je me suis mise à réfléchir, déjà parce que mon quota d'un achat par semaine était largement entamé (c'est sûr que ça aide à éviter les achats compulsifs), ensuite parce que je me suis souvenu que j'avais le livre No Impact Man de Colin Beavan qui n'a pas attendu la sortie de l'ouvrage de Ms. Johnson pour vivre avec un minimum de déchets ni pour faire ses courses dans des magasins de produits en vrac avec des bocaux.

Je vais finir par devenir raisonnable un jour...

Mon désir de consommation ayant disparu, je me suis interrogé sur ce qui me déplaisait dans toutes ces actions liées à l'écologie, à l'environnement et à la simplicité volontaire, pourquoi je freinais des quatre fers au lieu de me jeter dans l'aventure et d'où provenait ce sentiment diffus de rébellion qui grondait en moi alors que Colin Beavan et Bea Johnson montraient le bon exemple si ce n'est LE chemin à suivre ?

La réponse s'est imposée récemment à moi à Nanjing en Chine où pendant une semaine, j'ai grelotté de froid tous les jours dans ma doudoune dans des salles de réunions flambant neuves mais pas chauffées, avec des pauses-pipi sur des toilettes turques et des déjeuners à base de légumes-tofu-champignons-riz ou de tofu-riz-champignons-légumes. C'est là où j'ai compris que même si j'ai adoré chaque minute de ce voyage extraordinaire, j'appréciais mon petit confort et n'enviais en rien la rude existence de mes homologues chinois.

Je vous avais dit que j'étais une chochotte !

Bea Johnson ne vit pas dans le dénuement le plus total, elle non plus, puisqu'elle habite avec son mari et ses enfants dans une maison (chauffée en hiver, j'espère ;o)) d'une banlieue chic en Californie et qu'ils ont deux voitures, la télévision, une machine à laver, un réfrigérateur, un lecteur de jeux vidéos, etc., mais pour la bobo luxe que je suis, certaines de ses habitudes me laissent perplexe comme le fait de se chausser uniquement d'occasion (les chaussures se forment à notre pied et j'ai des doutes quant au côté hygiénique de la chose), de refuser d'acheter un élastique pour s'attacher les cheveux car elle en ramasse plein par terre dans la rue et de se limiter à une dizaine de vêtements par semestre (ce qui est très bien et que je devrais faire aussi sauf que je n'ai pas envie de donner mes pièces préférées tous les six mois), mais quid du maillot de bain ou du survêtement et les baskets de sport quand elle fait du jogging... Elle court en talons ou dans ses bottes fourrées ? Mystère.

Colin Beavan et Bea Johnson ont le mérite de nous expliquer leur manière de fonctionner mais je pense qu'il nous appartient d'adapter leurs préceptes à ce qui nous convient à nous et pas de les appliquer à la lettre. Je n'ai pas non plus besoin d'eux pour :

  • Trier et recycler mes déchets (cf. taxe au sac poubelle ici. En Suisse, l'amende est salée si on ne joue pas le jeu : CHF 500.-/EUR 408.90 si on utilise un sac non taxé et CHF 1'000.-/EUR 817.70 en cas de récidive. Et ça ne rigole pas, ides policiers sont spécialement formés pour fouiller les poubelles)
  • Privilégier les producteurs locaux et les marchés à la ferme. Je connais le nom et les adresses des agriculteurs qui produisent de la viande de porc et de volaille élevés en liberté, de boeuf nourri au foin et de veaux qui têtent sous la mère pendant une année au moins, des épiceries qui vendent du poisson du lac, etc. La question de la distribution - en vrac ou pas - ne se pose pas puisqu'elle va de soi : la vente se fait directement du producteur au consommateur. Parfois, on peut aussi cueillir ou récolter sur place ce dont on a besoin. En effet, il me semble plutôt vain de se limiter à refuser les emballages plastiques, même s'il faut un début à tout, si on se fournit chez les Hard Discounters où l'on ne sait pas comment ont été cultivés les fruits et les légumes ni dans quelles conditions ont été élevés les animaux que l'on mange. Pour moi, la notion d'une "certaine" consommation éthique ("certaine" entre guillemets car oui, je mange des cadavres, m'habille avec leur peau, exploite les moutons pour la laine et les abeilles pour leur miel mais ne tiens pas à ce qu'ils soient maltraités de leur vivant pour autant) est aussi importante qu'une "certaine" forme de protection de l'environnement mais je ne condamnerai jamais les personnes qui ont un petit budget et n'ont simplement pas les moyens de faire autrement que de s'approvisionner dans les supermarchés. Qui suis-je d'ailleurs pour juger le comportement de mes semblables ?  
  • Refuser de m'habiller chez les géants du textile (H&M, Mango, Zara, etc.) toujours pour une raison éthique mais aussi environnementale : utilisation de fibres synthétiques, cuir de mauvaise qualité, utilisation de la fourrure d'origine inconnue sur les parkas, etc., sans compter le plagiat flagrant des créations des maisons de haute couture. Pour information, il n'y a jamais d'étiquette de prix ni d'emballage en plastique dans la confection haut de gamme ou de luxe. Puis, au vu des prix pratiqués, on ne peut acheter qu'en quantité limitée, ce qui est parfait d'un point de vue minimaliste ;o) Dans la mesure du possible, je vais aussi arrêter de commander en ligne, notamment mes vêtements coréens parce que j'ai l'occasion de les acheter sur place quand je vais voir ma famille à Séoul
  • Laisser ma voiture à la maison et marcher quand je le peux pour aller depuis chez moi à mon travail ou au centre-ville (pas quand il pleut ou quand il fait un temps pourri, je ne suis pas maso), ce qui représente environ 10 km aller-retour

Etant donné que j'ai encore beaucoup de progrès à faire, que je suis bourrée de contradictions (mais qui n'en a pas ?) et que je crois à la théorie du "Learning by Doing", j'entame aujourd'hui une nouvelle catégorie, celle d'une action minimaliste par semaine, sur le modèle d'un achat par semaine. Mon but n'est pas de donner des conseils car il y a plein de blogs et de livres sur le sujet mais plutôt de les tester et de les évaluer à titre personnel.

Par minimalisme, j'entends l'action de réduire une chose à sa signification ou à son essence la plus simple. Elle peut se manifester en art (pictural, théâtral, musical, culinaire, etc.), en architecture (Mies van der Rohe) mais aussi au travers de tous les éléments qui composent le quotidien. Je préfère parler de minimalisme plutôt que d'écologie, de protection de l'environnement ou de simplicité volontaire qui ne sont pas mes préoccupations premières, même si certains aspects de mes expérimentations pourront s'en approcher.

Une action minimaliste par semaine
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Melodie 15/03/2014 19:50

J'aime beaucoup ta philosophie du minimalisme luxe :) J'apprécie également les belles pièces et rechigne à me fournir chez des grandes enseignes. Du coup, puisque je n'ai pas de trés gros moyens, je n'achète que trés peu de vêtements mais quasiment toujours de belle qualité. L'odée étant bien sûr de garder ces belles pièces pendant des années et pas simplement une saison! Concernant la nourriture je trouve ça un peu plus compliqué. Habitant à Londres, les producteurs sont plutôt loin anonymes. J'achète tout bio, et j'essaie de me fournir dans des marché chez des producteurs locaux pour la viande et le poisson, mais je ne connais pas encore leur noms et adresse ;) Bisous!

Koyangi 24/03/2014 12:35

Je partage entièrement ton avis sur les belles pièces à garder toute sa vie ou presque ce qui n'est pas le cas de Mme Béa qui achète des pièces bon marchés et qui les remplace tous les 6 mois ce que j'ai du mal à comprendre pour quelqu'un qui se soucie de l'environnement. Mais il est vrai qu'elle n'a que peu d'habits.

Je comprends que tu ne connaisses pas les producteurs anglais par leur prénom et leur nom ! ;o) En Suisse, c'est facile, dès qu'on sort des villes qui sont petites à l'échelle du pays, on se retrouve en pleine campagne. Par conséquent, c'est très facile d'avoir des contacts avec les producteurs locaux qui sont quasi des voisins. Bisous.

anne 12/03/2014 11:14

bravo et merci pour ce partage d'idées, ce style, cette audace. bonne continuation.

Koyangi 12/03/2014 13:11

Bonjour Anne et bienvenue sur mon blog ! Merci pour tes encouragements, ça me fait plaisir. A bientôt !

Izanami 27/02/2014 09:45

Pas de polémique pour moi, j'adhère à ce que tu écris, surtout que c'est parfaitement conforme à ton fonctionnement, donc je ne vois pas de contradiction.

Pour Mme Béa, après avoir lu un peu son blog il y a quelques semaines, je suis arrivée à des conclusions similaires aux tiennes sur certains points, concernant notamment le confort dans lequel elle vit malgré sa simplicité volontaire. Regardons les choses en face, elle a une grande maison qui ne semble pas laide du tout. Non seulement avoir un jardin et de l'espace est pratique pour certaines actions visant à limiter les emballages (compost, grande salle de bain qui permet de loger son seau - je la défie de faire pareil dans une petite douche de studio, quoique avec de la volonté on peut y arriver, peut-être...), bref, elle ne vit pas mal.
Pour ma part, j'ai commencé à me débarrasser du superflu quand mon espace de vie à commencer à me contenter en lui-même. J'aime aussi me sentir bien, j'aime mon confort et, dans notre appartement actuel, grand et spacieux, je me sens bien spontanément. C'est difficile à décrire, mais ce grand espace qui me permet de respirer me donne envie d'avoir encore plus d'espace vide.
Dans notre ancien appartement, beaucoup plus petit, dans lequel on vivait entassés, je m'entourais de foule d'objet pour, paradoxalement, "meubler" à mon goût cet espace dans lequel j'avais le sentiment d'étouffer. Pour ne pas voir que c'était trop petit à mon goût, je tentais de transformer l'espace en un cocon plaisant car je n'aurais jamais eu la place dans cet appartement pour me permettre de créer de l'espace. Il fallait bien caser les produits de 1ère nécessité quelque part !
Tout ça pour dire que je trouve plus facile de vider maintenant que je trouve mon appartement beau pour lui-même, avec nos salles de bains dont on a nous-même choisi les finitions, le manteau de cheminée et le plan de travail en pierre naturelle, les grandes baies vitrées... J'aurais une grande maison comme Béa, j'aurai envie de la laisser respirer pour elle-même, sans avoir le sentiment de manquer de quoique ce soit et donc, je serais pas tentée par une "surcompensation" matérielle. :)

Bref, mon commentaire est confus et peu aussi faire polémique, dans le sens où tout le monde n'a pas la chance de vivre dans un grand espace et que certains choisissent la simplicité volontaire dans des espaces restreints, moins beaux, et y parviennent ! c'est tout à l'heure honneur mais moi, comme toi, j'aime mon confort :)

Bisous !

Koyangi 03/03/2014 13:30

Jusqu'au-boutiste, pardon !

Koyangi 03/03/2014 13:29

J'aime bien le Mme Béa, je vais l'appeler comme ça désormais en te mentionnant, bien sûr ;o) Je trouve que c'est très bien que Mme Béa vive dans une grande et belle maison avec sa famille, je me demande simplement pourquoi elle est aussi jusque-boutiste pour certains aspects qui n'ont pas de sens pour moi, sauf si tu es dans la misère la plus totale ce qui n'est pas ou plus son cas et heureusement pour elle !

C'est intéressant ce que tu écris sur la taille des appartements, je pense qu'il y a effectivement une relation entre la surconsommation et le mal-être. Cependant, j'ai toujours été minimaliste quel que soit l'endroit où je vis : je suis passée de mon appartement de 2,5 pièces à l'ancien duplex de 300 m2 de Lui puis dans notre logement actuel sans que j'ai plus de choses qu'avant, soit environ deux valises. En revanche, j'ai toujours aimé le luxe. Bisous.

Musme 20/02/2014 12:23

Une action minimaliste par semaine. Cela fait en fait 52 sur l'année. Je ne pense pas y arriver. J'essaie pour l'instant d'améliorer mon alimentation, les scandales alimentaires étant de plus en plus nombreux. J'achète maintenant mes fruits chez un primeur. En fait, je paie beaucoup moins cher qu'en supermarché et la qualité est nettement meilleure.
Le minimalisme me laisse parfois perplexe. Où je travaille, nous avons des plaquettes et affiches sur la consommation d'occasion. Je les trouve totalement incongrues car notre "public" n'achète que d'occasion, mais pas par engagement citoyen, par nécessité. Il existe des listes d'attente pour les meubles Emmaüs. Et c'est un drame que l'électro-ménager ne soit pas vendu d'occasion.

Koyangi 03/03/2014 13:19

Cela peut-être une toute petite action comme par exemple, acheter un mouchoir en tissu. Je suis toujours étonnée quand j'entends des personnes dire que c'est moins cher d'acheter chez un primeur ou au marché que dans un supermarché car en Suisse, ce n'est pas le cas... ou alors je ne fréquente pas les mêmes endroits ?

Il est vrai que de louer les mérites de la consommation d'occasion à des personnes qui n'ont pas les moyens, c'est stupide. C'est comme si je disais à des familles qui ont des budgets serrés d'acheter ailleurs que chez Aldi ou Lidl ! Il y a un moment où il faut savoir faire la part des choses et parer au plus pressé.

Valérie 18/02/2014 16:43

J'aurais voulu être créative, élégante ou/et spirituelle mais un " whaou" résumera très bien mon sentiment. Quel coup de frais dans ton blog ! Si c'est ça ton "minimalisme", j'applaudis !

Koyangi 19/02/2014 12:40

Ce n'est pas vraiment un aspect de mon "minimalisme" mais un changement sur Overblog, la plateforme qui héberge mon blog, donc je n'ai pas eu mon mot à dire ;o) J'ai essayé de trouver le design (imposé) qui collait le mieux à ce que j'écris même si j'ai encore quelques bidouillages à faire dans le CSS pour l'améliorer, notamment la gestion des catégories et du partage sur les réseaux sociaux. Si cela te plaît, j'en suis ravie ! A bientôt !

PS : Je vais faire des compte-rendus sur mon voyage d'une semaine à Doha. Je me suis dit que ça pourrait être intéressant d'avoir ta vision des choses car c'est très différent de voyager dans un pays ou d'y vivre.

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