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Vous rappelez-vous qu'il y a quelques temps déjà, je vous avais fait part de mon inculture littéraire ? Pour remédier à cette carence, j'ai tenté de rattraper le coup en me farcissant les cinq tomes sur huit de la saga "Les Thibault" de Roger Martin du Gard.
J'ai bien écrit me farcir. J'ai dû me faire violence pour m'intéresser à l'histoire d'Oscar Thibault père et de ses deux fils, Antoine et Jacques. Ce n'est pas que l'écriture ne me
plaisait pas, c'est juste que je n'ai pas du tout accroché à cette chronique familiale bourgeoise du début du XXe siècle qui relate la vie de deux frères que tout oppose : Antoine, l'aîné,
d'un naturel calme et posé, pratique la médecine tandis que Jacques, le cadet, endosse le rôle du poète révolté avant de se lancer à corps perdu dans la lutte syndicale jusqu'à ce que
la Première Guerre Mondiale éclate.
Ce serait un euphémisme de dire que je me suis ennuyée. J'avais l'impression qu'il ne se passait rien. L'intrigue, lourde et redondante par moments, est tellement diluée sur des chapitres
entiers qu'elle tue dans l'oeuf tout embryon de sympathie que l'on pourrait éprouver pour certains personnages comme Madame de Fontanin partagée entre sa réserve naturelle et son amour pour son
mari volage ou pour sa fille Jenny, peu à peu attirée par Jacques sans qu'elle sache vraiment pourquoi. Quant au père Thibault, il n'en finit pas de mourir, d'après ma collègue Samuelle
qui est en train de lire le sixième volume : il s'éteint à petit feu sur au moins 200 pages ! Pfffui... De mon côté, je laisse tomber, je n'ai pas le courage d'aller plus loin.
Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé de me plonger dans l'univers de ce roman-fleuve qui a marqué les esprits à l'époque de sa parution : Au hasard du zapping, je
suis tombée sur la rediffusion du feuilleton télévisé éponyme tourné par Jean-Daniel Verhaeghe en 2003 et j'ai tenu 20 minutes avant de passer à une autre émission. Rien à faire,
même condensé à outrance et malgré la dernière prestation de Jean Yanne, je reste parfaitement insensible au scénario qui me fait autant d'effet que la lecture de l'annuaire
téléphonique dans l'ordre alphabétique des noms.
Pour finir et pour faire plaisir à celles et ceux qui auraient aimé "Les Thibault" (si si, il y en a, ici
par exemple), j'ai été faire quelques photos des lieux fréquentés par Jacques
et son frère à Lausanne :
Lorsque Antoine retrouve Jacques
après la publication de la Sorellina, ce dernier réside à la rue Pré-du-Marché 10. Le hic, c'est que le no 10 n'existe pas ou
alors la maison où il habitait a été remplacée par le bâtiment en réfection à droite sur la photo.
Jacques et Antoine se promènent
ensuite à la place de la Riponne, la place la plus moche de Lausanne du point de vue urbanistique : il n'existe aucune cohérence
architecturale entre le Palais de Rumine, construit en 1904, de style néo-renaissance florentine et les surfaces bétonnées des alentours dédiées à la circulation automobile.
En revanche, il n'est fait aucune
mention dans le livre de la boutique Lush située entre ces deux endroits et c'est bien dommage ;o)
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